Guerre 1914-1918

J’aimerais, par cet article, rendre un hommage particulier à toutes ces familles endeuillées par la perte d’un ou plusieurs de leurs fils, frère, père tombés au combat au cours de ce conflit et qui ont connu une autre angoisse : celle de voir le maire de leur commune venir leur annoncer le décès d’un de  leurs enfants.

La Bretagne a mobilisé  592 916 combattants affectés principalement dans l’armée de terre entre 1914 et 1918. La campagne s’est dépeuplée de sa jeune main d’œuvre qui, pour cause de mobilisation générale, a quitté famille et travail pour défendre sa patrie. 130 000 d’entre eux n’en sont pas revenus.

Julien GUYOMARCH, 53 ans, cultivateur à Berrien dans le Finistère verra partir au front quatre de ses garçons sur les cinq de la fratrie. Lorsque la guerre éclate en août 1914, il est veuf. Son épouse Marie Catherine LAURENT est décédée, à l’âge de 49 ans, deux ans plus tôt le 8 septembre 1912. Leur fille Marie Françoise née le 26 septembre 1900 à Berrien va par la suite l’aider aux tâches ménagères jusqu’à son mariage en 1923. Julien et Marie Catherine auront ensemble cinq autres enfants du sexe masculin :

L’aîné, Julien est  né le 26 novembre 1892 à Berrien (29). Il exerce le métier de cultivateur lorsqu’à l’âge de 20 ans il se fait recensé et est déclaré apte au service militaire. Il est incorporé au 71e Régiment d’Infanterie, basé à Saint Brieuc (22) à compter du 10 octobre 1913. Le lendemain de la mobilisation générale du 2 août 1914 le 2e classe Julien GUYOMARCH  est envoyé au front avec son Régiment. Il disparait le 4 octobre 1914, tué à l’ennemi à Neuville-Vitasse dans le Pas-de-Calais au cours de violents combats. « MORT POUR LA FRANCE »

Le deuxième fils, Yves Marie, nait le jour de Noël de l’année 1893 à Berrien (29). Le 20 décembre 1912 il a 18 ans et décide de s’engager dans l’armée. Il signe à Brest (29) pour cinq ans et intègre le 2e Régiment d’Infanterie Coloniale. Il sera envoyé sur le front en renfort le 8 août 1914 et sera fait prisonnier le 22 du même mois à la bataille de Rossignol (Belgique) qui se soldera par une victoire allemande. Yves Marie passera les quatre années de guerre en captivité au camp d’Ohrdruf en Saxe-Gotha (Allemagne) puis à Münster en Allemagne avant d’être rapatrié le 26 décembre 1918.

Le troisième fils, Louis Marie, voit le jour le 6 décembre 1895 à Berrien (29). Il devient cultivateur comme ses frères et est appelé sous les drapeaux à 19 ans. Il est incorporé le 15 décembre 1914 au 64e Régiment d’Infanterie puis affecté au 91e Régiment d’Infanterie basé à Mézières dans les Ardennes le 21 septembre 1915 avec lequel il rejoint les combats. Le 7 octobre 1916 le soldat de deuxième classe Louis Marie GUYOMARCH est évacué pour blessure et après une convalescence de deux mois et demi retourne au front. Il sera tué à l’ennemi le 5 juin 1918 dans le secteur de Longpont (Aisne).« MORT POUR LA FRANCE »

Le quatrième fils, François Marie nait le 8 mai 1898 à Berrien (29). Il exerce également le métier de cultivateur. Il est recensé et appelé sous les drapeaux à l’âge de 19 ans comme son frère Louis Marie. Il incorpore le 19e Régiment d’Infanterie à Brest (29) le 1er mai 1917 mais sera réformé quelques mois plus tard le 7 novembre par la commission de réforme de Nantes (44) pour raison de santé.

Le cinquième et dernier de la lignée est né le 1er septembre 1906 à Berrien au village de Kernon. Ses parents Julien et Marie Catherine âgé alors respectivement de 46 et 44 ans le prénommeront Pierre Marie. Conscrit de 1926 il ne participera pas à la Grande Guerre.   

Cette famille a payé un lourd tribut dans cette guerre : Deux enfants « MORTS POUR LA FRANCE » et un autre en captivité pendant quatre ans.

L’Armistice sera signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15  et effectif à 11 h00. Dans toute la France les cloches vont sonner à tout va. Environ 2 000 000 de soldats français sont morts aux combats au cours de ces quatre années de guerre et de nombreuses familles ont perdu un ou plusieurs de leurs proches comme la famille GUYOMARCH de Berrien (Finistère).